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C'était à Vicus Tuscus que Cornelia avait grandi, elle n'avait jamais connu que la villa de ses parents. Les Capitolinus avaient toujours vécu dans l'aisance. Kaeso Capitolinus, le père de Cornelia, était un questeur renommé de Rome, l'un des plus redoutés, d'une part à cause de son irritabilité et d'autre part à cause de sa malhonnêteté notoire. Cornelia avait dix-sept ans,sa principale occupation était de s'occuper de son petit frère Tibule qui avait quatre ans, mais la jeune fille appréciait particulièrement les promenades dans les rues de Rome, qu'elle faisait aux côtés de Dromon, un ami proche. celui-ci avait dix-neuf ans, il était un ancien esclave affranchi que Kaeso, prétextant la générosité, avait recueilli sous son toit dans le dessein d'en faire son esclave. Mais le jeune homme était attaché à la liberté qu'il venait de gagner, et n'hésitait pas à tenir tête à son hôte.

Il projetait de s'enfuir, chaque jour la charge de travail dont Kaeso accablait Dromon augmentait ; le vieil homme était odieux avec Dromon et le menaçait parfois de son poing ou d'un objet qu'il tenait dans la main. L'ancien esclave ne supportait plus cette vie, mais ne voulait quitter la villa au risque de ne plus revoir Cornelia, il n'avait jamais été aussi attaché à quelqu'un, la jeune fille lui était plus chère qu'une soeur. De son côté Cornelia rêvait de quitter sa famille depuis que sa mère avait mystérieusement disparu, aussitôt remplacée par une femme froide, hautaine et opportuniste.

C'était un matin de mai 64 après Jésus Christ, sous le règne de Néron, Dromon et Cornelia discutaient, assis côte à côte devant la porte de la villa Capitolinus.

«  Je n'en peux plus de cette famille, souffla Cornelia à son ami, je suis fatiguée de mon frère qui ne daigne pas essayer de se débrouiller sans moi, de cette femme qui me regarde comme elle regarde les esclaves et qui passe son temps à se plaindre de mon travail et à dire que je ne suis qu'une incapable... Si je pouvais partir, partir loin...

  • Tu crois que c'est impossible ?

  • Moi seule, où irais-je ? Non je crois que ça n'est pas possible.

  • Et toi et moi ? demanda Dromon, en posant sur son amie un regard plein d'espoir.

  • Tu partirais avec moi ?

  • Bien sûr, enfin si tu le souhaites... répondit-il, un faible sourire sur les lèvres.

  • Sûr que je le souhaite, mais il faudrait un peu de temps pour mettre de côté ce que l'on emporterait, s'exclama la jeune fille, enthousiaste.

  • Partons dans une semaine. » suggéra le garçon.

Tandis qu'ils continuaient à parler de leur départ, Kaeso entra dans le vestibule, en entendant leurs voix au travers de la porte, il s'approcha de celle-ci et colla son oreille tout contre. En écoutant la conversation, le vieil homme comprit la trahison et entra dans une colère noire, ouvrit violemment la porte se dirigeant vers sa fille, bousculant Dromon. Quand il fut face à elle, il s'écria que s'ils menaient leurs projets à bien, il n'hésiterait pas à envoyer quelqu'un pour les tuer, il gifla sa fille puis adressant un regard noir à Dromon, il entra dans la maison d'un pas vif.


Quelques heures plus tard , Kaeso recevait des magistrats pour parler d'affaires actuelles et de philosophie. Il ordonna alors à Dromon de mettre de l'ordre dans des livres dans un bureau à côté du salon. Les convives arrivèrent et aperçurent le garçon quand il entrait dans la pièce voisine, n'y prêtant pas attention, Kaeso les invita à prendre place dans le salon. Les hommes discutèrent pendant un peu plus d'une heure mais furent interrompus par une clameur qui émanait de la rue ; ils regardèrent par la fenêtre pour se renseigner sur la cause de ce brouhaha, aperçurent d'abord la foule qui fuyait, puis les flammes qui ravageaient la cité. Tandis que les magistrats se se dirigeaient vers la sortie, une lueur malveillante traversa le regard de Kaeso, il s'approcha de la porte du bureau où Dromon s'affairait à ranger une pile de livres en entonnant un air populaire ; Kaeso claqua la porte et ferma le verrou, et s'exclama, d'un ton sec :

« Tu m'y as forcé »

Il se tourna vers la sortie et se heurta au regard abasourdi des deux magistrats qui n'étaient pas encore sortis de la pièce, Marius Gominus et Sextus Dirus.

«  Oubliez tout cela, messieurs ! Cela vaudrait mieux pour vous ! » Les menaça-t-il.

Sans un mot, les trois hommes quittèrent la pièce, abandonnant Dromon à son sort.

Dromon se tourna vers la porte quand il l'entendit claquer, et ne comprit d'abord pas les paroles de son assassin, il se tourna vers la fenêtre, apercevant les flammes qui avançaient à une vitesse fulgurante, réduisant des années de construction à néant. Il essaya en vain d'ouvrir la porte que Kaeso avait verrouillée. Il ne ressortit jamais de cette pièce...

Le lendemain, Cornelia était assise sur les marches du Capitole, la tête dans les mains ; des larmes coulaient sur ses joues, son meilleur ami était mort. Rome avait été dévastée par les flammes, ses rêves de départ s'effondraient, et elle se retrouvait seule, seule face à la violence de son père, seule face aux insultes de sa belle-mère, seule face aux caprices de son frère. Au matin alors que le feu était éteint et que les hommes fouillaient les villa dans l'espoir de trouver quelques objets de valeur qui auraient échappé aux flammes, Dromon avait été retrouvé brûlé vif et personne n'avait cherché à comprendre pourquoi le jeune homme avait été surpris par les flammes. Mais Cornelia n'était pas dupe, elle avait vu son père fermer la porte alors qu'elle se dirigeait vers le salon pour s'assurer qu'ils fuyaient, mais ce n'était qu'une fois sortie qu'elle avait compris pourquoi son père avait pris le temps de fermer la porte, le courant de la foule l'emportait et elle n'avait pu rejoindre la villa pour tenter de sauver son ami. La jeune fille ne savait que faire, ses dix-sept ans ne lui permettaient pas d'aller voir un préteur. Mais elle ne voulait pas rester sans rien faire. Au bout de quelques instants, elle décida d'aller demander conseil à un préteur que son père côtoyait parfois, Spirius Carinus ; elle l'avait rencontré plusieurs fois, et à chaque fois, il avait toujours prêté beaucoup d'attention à Cornelia, il paraissait être un homme bienveillant et le jeune fille pensait qu'il essayerait sûrement de la comprendre comme à chaque fois qu'elle s'était adressée à lui. Elle trouva Spirius dans un temple que les préteurs avaient réquisitionné pour superviser les travaux de reconstruction. Quand elle s'assit en face de lui, il la salua et elle ne lui laissa pas le temps de poser de question :

«  Spirius, je suis venue vous trouver parce que j'ai besoin d'aide, commença-t-elle, elle était anxieuse, elle n'était jamais allée consulter un magistrat de plus elle n'était pas sure d'obtenir son aide.

  • Je le ferai volontiers, de quoi est-il question ? Répondit le vieil homme, d'un ton serein,

  • De... De Dromon...

  • Que puis-je pour ce jeune homme, l'interrompit-il gentiment, tandis qu'elle cherchait ses mots,

  • Rien, monsieur... Dromon est mort...

  • Vraiment, j'en suis désolé... souffla-t-il, paraissant sincère, n'a-t-il pas pu sortir de Rome à temps ?

  • C'est ce que mon père aimerait faire croire. Mais je suis certaine du contraire... »

    Elle lui raconta en détails la scène et son contexte, elle lui parla de leur projet de départ, de la colère de son père...

    «  hum, êtes-vous certaine de ce que vous avancez jeune fille ? Fit Spirius quand elle eut fini. Il ne s'agit pas d'une accusation anodine...

  • J'en suis certaine...

  • C'est difficile à imaginer, votre père n'a certes rien de très sympathique. Il m'est quand même difficile de l'imaginer comme un meurtrier...

  • Pourquoi serais-je venue vous voir alors ? demanda la jeune fille qui commençait à s'impatienter.

  • Vous avez raison. Y avait-il d'autres témoins que vous ?

  • Deux sénateurs qui n'étaient pas encore sortis... Je pourrais aller les voir et leur demander de témoigner.

  • Vous savez, Cornelia, j'aimerais vous aider dans votre recherche de témoins, mais des personnes arrivent toutes les heures avec des histoires comme la votre. Si des témoins acceptent de parler, je m'occuperai personnellement de votre affaire et m'assurerai que votre père paye pour ce qu'il a fait.

  • C'est entendu, je chercherai donc les témoins de moi-même, j'espère qu'ils accepteront de me recevoir.

  • J'espère sincèrement qu'ils accepteront de témoigner et que votre père ne les aura pas payés pour qu'ils témoignent en sa faveur...

  • Mon père aime trop son argent pour cela, il les aura peut-être menacés de violences mais rien d'autre.

  • Vous avez vraiment mauvaise opinion de lui, constata le préteur, un sourire moqueur sur les lèvres.

  • Excusez-moi, répondit Cornelia, un peu gênée. Je vais me rendre au temple où les questeurs travaillent, en espérant ne pas rencontrer mon père et je vais demander à celui qui était là hier, s'il veut bien témoigner.

  • Espérons qu'il témoignera...

  • S'il ne veut pas, j'essayerai de le décider toute la journée, et celle de demain s'il le faut, s'exclama la jeune fille, d'un ton décidé. Je reviendrai ici demain soir pour vous mettre au courant.

  • C'est d'accord, A demain, bon courage et bonne chance, dit le vieil homme, qui semblait amusé de la voir si enthousiaste.

  • A demain. »

La jeune fille sortit du temple, elle sentit alors qu'un poids avait quitté ses épaules depuis qu'elle était entrée dans celui-ci. D'un pas décidé, elle gagna le temple voisin où les questeurs travaillaient. Soudain, elle sentit les battements de son coeur se déchaîner ; dans son enthousiasme, elle avait oublié qu'elle pouvait croiser son père à tout moment, elle venait de le dépasser alors qu'il sortait du temple, par chance, il était trop occupé à pester contre son apprenti pour se rendre compte qu'il venait de croiser sa fille. Elle dut s'adosser à un pilier du temple pour reprendre son souffle et calmer les tremblements incontrôlables de ses membres. Elle finit par entrer dans le sanctuaire et par trouver l'homme qu'elle cherchait, un homme de petite taille, chauve et imberbe, qui était assis contre le marbre du temple ; devant lui était posée une pancarte, où était écrit son nom : « Marius Gominus ». Elle s'approcha de lui et le salua :

«  Monsieur Gominus, excuser moi de vous déranger », dit-elle d'une voix mal assurée.

L'homme leva les yeux, vers elle et sourit :

«  Cornelia, quelle surprise ! »

Cornelia fronça les sourcils, cet homme connaissait son nom, elle ne se rappelait pas lui avoir déjà parlé.

«  Votre père, vous a-t-il déjà mis au courant ? continua l'homme.

  • Je ne comprend pas ce que vous voulez dire mais je viens vous voir pour une affaire de la plus haute importance, déclara la jeune fille, d'un ton empressé

  • Expliquez-vous donc, répondit le questeur qui avait haussé les sourcils,

  • Hier, vous étiez chez mon père, n'est-ce pas, au moment de l'incendie ?

  • Certes, mon collègue, Sextus Dirus m'avait demandé de l'y accompagner pour qu'il me présente à un sénateur qui avait besoin de moi pour une de ses affaires mais l'incendie a tout réglé, dit le questeur, avec un sourire ; il avait parlé d'un ton vaniteux que Cornelia n'aimait pas du tout.

  • Je ne me trompe pas quand je dis que vous êtes sorti parmi les derniers du salon ?

  • Non effectivement, Sextus et moi avons été les derniers à partir avec votre père.

  • Vous avez donc vu mon père, enfermer le jeune homme qui travaillait dans la pièce voisine ? demanda Cornelia,

  • Je regrette mais je ne vois pas ce dont vous parlez.

  • Rappelez-vous, monsieur Gominus, un jeune homme brun, grand et maigre, dans le bureau voisin...

  • Non, désolé...Nous sommes tous sortis précipitamment de la pièce.

    Après un silence, Cornelia, qui ne cachait pas sa déception, s'exclama :

    «  Je vois que je perds mon temps. Pourriez vous faire quelque chose pour moi, monsieur Gominus ?

  • Bien sûr, que puis-je pour vous rendre service ?

  • Oublier que je suis venue vous voir, pouvez-vous faire cela ?

Le questeur sembla réfléchir pendant quelques secondes puis acquiesça. La jeune fille le salua et s'éclipsa. Comme il se faisait tard, elle renonça à aller voir Sextus Gominus et retourna à Vicus Tuscus, à l'emplacement de la villa Capitolinus, des abris de fortune avaient été montés, sa famille vivait dedans en attendant que leur villa soit reconstruite. Mais dès qu'elle souleva le voile qui faisait office de porte la voix de son père gronda :

«  Où était-tu ?

  • Je... euh... je... bafouilla-t-elle,

  • Je viens t'annoncer la nouvelle la plus importante de ta vie et toi, tu flânes dans Rome, n'ayant que faire de ton devoir. Tu es vraiment comme ta mère, une incapable sans intérêt » Cornelia baissa la tête, elle n'avait que faire de ces insultes mais elle savait que si elle restait impassible, la colère de son père grandirait «  J'ai une nouvelle très importante pour toi. Je t'ai trouver un mari, c'est un homme très bien, un questeur. Il s'appelle Marius Gominus » Cornelia étouffa une exclamation de surprise «  vous vous marierez dès que possible. Tu es contente ?

  • Très » répondit-elle avec un grand sourire alors qu'elle n'avait qu'une envie : pleurer toutes les larmes de son corps.

    Elle était prise au piège, si Marius Gominus était proche de son père au point qu'il lui offre sa main, Kaeso apprendrait très vite que sa fille complotait contre lui. Elle décida de retourner voire Spicius pour lui expliquer la situation.

    «  Père, puis-je aller rencontrer cet homme je crois savoir que les questeurs ont réquisitionné un temple, j'aimerais vraiment le rencontrer. déclara Cornelia un sourire hypocrite aux lèvres,

  • Veux-tu que je t'y accompagne ? s'enquit son père, un peu surpris.

  • Ne vous dérangez pas mon père, l'heure du repas approche, je serai rapide.

  • Comme tu voudras. »

Cornelia sortit en se félicitant d'avoir trouvé un prétexte pour ressortir. Sur le chemin pour le temple, elle se remémora tous les évènements des derniers jours. Et là, une vérité la frappa de plein fouet, son père ne l'avait pas promise à Marius Gominus, il lui faisait du chantage pour qu'il ne révèle pas ce qu'il c'était passé la veille, et elle était la monnaie d'échange, tout était clair. Il fallait qu'elle rencontre l'autre questeur avant que sont père ne trouve un arrangement qui lui interdirait de révéler la vérité. Elle ne se rendit finalement pas au temple des préteurs mais directement à celui des questeurs dans l'espoir de recueillir le témoignage qu'il lui fallait. Le temple était presque vide contrairement à quelques heures plus tôt la plupart des questeurs étaient partis manger, elle pria pour que son homme ne soit pas parti et finalement elle aperçut le nom de «  Sextus Dirus » devant un homme qu'elle reconnut comme celui qu'elle avait vu la veille. Elle se dirigea vers le questeur aux cheveux bruns et courts qui se nommait Sextus Dirus. Elle le salua et s'assit face à lui :

«  Monsieur Dirus, je viens vous voir pour une affaire de la plus haute importance, il s'agit du meurtre dont vous avez été témoins. »

A ces mots, son interlocuteur leva la tête et la dévisagea.

«  Vous êtes aussi au courant pour ce jeune homme ? Je pensais qu'il n'y avait que moi et monsieur Gominus qui étions au courant, comme monsieur Gominus refusait catégoriquement de témoigner j'ai pensé que je devrais oublier cette histoire. »

Cornelia fut surprise de constater que le questeur était si direct, elle n'avait rien eu à lui expliquer.

«  Je suis Cornelia Capitolinus, Dromon était mon meilleur ami. Mon père l'a enfermé hier pendant l'incendie. Je ne veux pas que son crime reste impuni. Seriez-vous prêt à témoigner, j'ai mis un préteur au courant de cette affaire ?

  • Bien sûr » répondit-il comme cela avait paru évident.

Ils se dirigèrent, vers le temple des préteurs ; là, Sextus Dirus témoigna et le lendemain, Kaeso Capitolinus était envoyé en exil avec sa femme, non sans avoir maudit sa fille pour sa trahison, et Cornelia recevait les terres de son père, ses esclaves et sa fortune. Quant à Marius Gominus, il ne se présenta pas pour réclamer le mariage, il avait trop peur de cette jeune femme qui avait fait envoyer son père en exil sans scrupule. Si ces événements ne lui rendirent pas son meilleur ami, ils suffirent pour que Cornelia vive une vie plus douce et sans contraintes avec son petit frère qui se montra beaucoup moins capricieux après le départ de son père.


FIN

Manon 2007 2eme prix


Date de création : 29/09/2007 . 12:46
Dernière modification : 29/09/2007 . 12:46
Catégorie : Paysage - Jouer
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Réactions à cet article

Réaction n°1 

par rdalpes le 29/09/2007 . 18:10

Je vais peut être faire attention maintenant :))
bravo



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